2026-02-14
COMAO - TOP GUN et BLACK HAWK DOWN
Comparer COMAO à des films peut paraitre un peu absurde, mais, on peut imaginer que gràce à certains jeux, on peut se mettre dans la peau d'un héros, ou d'un maître de guerre, d'un grand stratège...alors pourquoi pas, car dans tous les cas, on va couvrir des thèmes comme le mythe (du héros), le traumatisme et le quotidien...
Le premier film qui vient à l'esprit, c'est bien sur TOP GUN.
Le pilote, Maverick, y est évidemment le héros, c'est l'instinct individuel qui prime, il joue en dehors des règles. La technologie est présente bien sur, mais en prolongement du talent du pilote. Et à la fin, c'est la victoire, comme moment cathartique. Même quand l'esprit d'équipe est valorisé, c'est toujours vers l'individu que se tourne la caméra.
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| Maverick - TOP GUN |
Alors dans Top Gun, c'est le héros qui fait basculer la bataille, c'est l'instinct qui sauve, l'ennemi est toujours lisible (les pauvres!), la victoire est nette.
Dans COMAO, évidemment, c'est le système qui décide, ici, l'improvisation coûte cher, l'ennemi est un ensemble de contraintes, et au final, la victoire sera partielle et coutera cher. Alors bien sur un Maverick dans COMAO serait un problème, pas une solution. et c'est, en grand partie, ce qui en fait un jeu vraiment très intéressant.
Un second film pourrait être "BLACK HAWK DOWN", le chaos et le traumatisme.
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| Black Hawk Down |
Évidemment ce n'est pas un film "d'avions", mais la partie commandement est très intéressante à suivre.
Ridley Scott y propose une vision très sombre :
- la chaine de décision qui s'effondre - des erreurs mineures qui amènent à une catastrophe majeure
- la confusion en permanence
- la bravoure est sans issue claire.
Là on retrouve COMAO ! Le brouillard de guerre y est structurel, la technologie écghoue sous la pression, personne n'a vraiment de vue d'ensemble, et malheureusement, l’héroïsme n'annule pas les erreurs initiales.
COMAO propose une vision opposée à Black Hawk Down, principalement centré sur l'humain. COMAO est plutôt réfléchi, abstrait, systémique. Black Hawk Down fait ressentir le chaos, COMAO en explique la mécanique; et ça c'est vraiment intéressant également, car sous couvert d'un jeu de simulation de combat, il devrait intéresser fortement toutes les personnes intéressées par la gestion de conflit : Car on y voit des organisations complexes sous pression :
- des objectifs multiples qui pourraient être contradictoires (attention, la montée en puissance dans le jeu est vraiment bien gérée, on progresse doucement dans les règles grâce aux premières missions et on monte en charge progressivement : génial !
- une dépendance à des systèmes techniques...ah la guerre moderne !
- des décisions qui doivent être prises sans toutes les informations
- des délais à gérer ...
COMAO nous apprend qu'une bonne décision peut produire un mauvais résultat, que l'échec est souvent systémique, le responsable pas toujours coupable.
L'antidote à ce vieil adage : "si ça rate c'est qu'on s'est trompé ".
On y retrouve la notion de dette organisationnelle : Chaque raccourci créé un problème futur où chaque retard se paie avec des intérêts l'urgence permanente détruit la marge de manœuvre.
COMAO rend compte du commandement comme un renoncement à des options, d'un acceptation à perdre localement, de l’importance de protéger le système plutôt que briller.
En fait COMAO parle moins de la guerre que de la façon dont on vit et décide dans une situation donnée...
alors oui COMAO c'est pour tout le monde, car on reconnait tous la pression de situations à gérer, et même si on ne connait pas les avions, les missiles, les acronymes militaires (ça vient vite), on reconnait immédiatement les situations où on a trop d'objectifs, pas assez de temps, des infos incomplètes et des conséquences différées.
Dans un décor militaire, COMAO fait vivre des expériences universelles.
On est loin, je pense, des "eurogames" ou il faut optimiser, calculer maitriser le système pour gagner...
là, le choc est intense, même avec une bonne planification, ça déraille quand même, même si on fait tout comme il faut, tu peux perdre, et bien sur gagner sans trop savoir pourquoi, à première vue.
Déstabilisant mais tellement jouissif !
COMAO donne une forme ludique à une intuition bien partagée : “Je prends de bonnes décisions, mais le système est plus grand que moi.”
Dans le jeu, l'échec n'est pas forcément une faute, la réussite n'est pas forcément méritée, la responsabilité diffuse...
ça c'est libérateur pour les nouveaux joueurs : la fin sera plus "on s'en est sorti" que "on a gagné"...
Là aussi, COMAO est très intéressant, car perdre ne sera pas frustrant, au contraire ce sera compréhensible, explicable, voir logique.
L'échec n'y sera jamais humiliant, il sera analysable et fera sens.
COMAO ne nous propose pas de jouer un général, il nous plonge dans un système complexe dans lequel il faut tenir.
Vous serez vous même, à décider, prioriser, renoncer peut être...
ce n'est pas tout à fait un jeu de guerre, mais plutôt de gestion de l'incertitude, dans un système trop vaste pour être contrôlé : "Comment allez-vous réagir quand tout est important et rien n'est sûr".
Génial, non ?
Labels: Comao, combats aériens, simulation et décision


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